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 La Rochelle 2006 : le Convent de la Réforme du GODF
Alors que l'époque est aux révélations fracassantes sur le GODF, révélations qui, somme toute, ne cassent pas grand-chose, les loges du GODF, loin des querelles de personnes, avancent sereinement vers un convent 2006 de réforme. Et puisque la presse ne vous en parlera pas, puisqu'une bonne nouvelle maçonnique ne fait pas vendre de papier, voici un aperçu du travail qu'ont mené loges, congrès régionaux et commission nationale au sujet de cette réforme.

Une méthode sans tabou
Le Convent 2005 avait demandé l'instauration d'un travail de fond sur la réforme de l'obédience, réforme rendue nécessaire par l'évolution du GODF et par des dysfonctionnements qui sont apparus au sein des filiales. Région par région, les loges se sont réunies pour établir la liste des priorités puis pour imaginer des scénarios de réforme. Par l'intermédiaire de délégués, les loges ont examiné l'ensemble des situations administratives, financières mais aussi les stratégies de communication du GODF. En Ile-de-France, une commission régionale de la réforme a été particulièrement active, dans le cadre d'un débat largement ouvert à toute opinion. La commission nationale, chargée d'établir les synthèses de propositions vient donc de communiquer aux loges un rapport d'étape qui présente trois scénarios d'organisation de l'obédience.
Les constats sont connus : un convent qui exprime la souveraineté des loges 3 jours par an et un conseil de l'ordre qui assume la réalité du pouvoir 363 jours le reste de l'année. Un tel déséquilibre entre un législatif et un exécutif est effarant et n'est aujourd'hui plus tenable. Nombreuses sont les décisions de couvent qui ne sont pas appliquées, notamment au niveau immobilier, sachant qu'entre deux convents, des situations évoluent plus vite et des jeux d'influence se mettent en place.


Trois propositions, une qui ressort du lot
1. Le schéma de type confédéral : Cette proposition placent les régions au centre du dispositif, laissant à chacune le choix d'une politique d'implantation (création de loges) et de prospective. En effet, le convent ne se réunissant que 3 jours par an n'a pas le temps matériel pour aborder l'ensemble des aspects de la politique du GODF. La démocratie régionale est à la fois plus proche et plus vivante, il apparait donc utile de donner aux congrès régionaux des pouvoirs législatifs plus importants. Dans ce schéma confédéral, le GODF devient une confédération de congrès régionaux. Les inconvénients de cette proposition sont un risque de régionalisme exarcerbé et une perte de cohérence de la communication extérieure. Toutefois, ces dernières années, la cohérence de cette communication extérieure a eu pour effet de museler la communication des loges et de favoriser l'expression parfois irresponsable de quelques responsables nationaux. Une communication régionale extérieure ne pourrait qu'être bénéfique à une meilleure visibilité du GODF dans l'opion publique en le rapprochant du terrain. Enfin, les moyens actuels de communication permettent une communication nationale sans que celle-ci soit nécessairement concentrer sur quelques individus.

2. Schéma de type unitaire : Renforcement de la structure nationale du GODF et du lien entre loges et obédience. Il faut bien admettre que cette proposition apparait bien maigre dans le rapport d'étape. On a du mal à y distinguer une quelconque réforme par rapport à ce qui existe aujourd'hui et l'unité du GODF, énoncée comme un voeu pieux, n'y trouve pas plus son compte qu'aujourd'hui.

3. Schéma de type spécialisation fonctionnelle : Le principe en est l'équilibre et le fait qu'aucune instance n'a de prééminence sur les autres. Il s'agit sans doute d'un renforcement des régions mais sans clarifier la centralisation. Les questions liées notamment aux politiques immobilières risquent de s'en trouver paralysées.

On le comprend, le schéma de type confédéral apparait comme le mieux construit. Il existe encore des réticences jacobines qui craignent une perte d'unité du GODF, sans toutefois nier que le centralisme parisien est désormais inadapté à l'animation d'un réseau de plus de 1000 loges.


Des questions transversales
Ces questions transversales seraient posées dans chacun des schémas proposés. Le rôle du convent et sa périodicité, la définition du mandat des conseillers de l'ordre et du grand maitre, la durée des mandats électifs, la politique immobilière et l'émergence d'un véritable pôle culturel sont autant de thèmes qui méritent un examen spécifique.

L'absence de transparence dans la gestion de certaines structures doit également trouver une solution : sans que l'on puisse soupçonner une quelconque malversation, l'opacité de gestion est trop souvent le fait de négligences ou de luttes internes pour conserver un pouvoir. Ce type de dysfonctionnement est inhérent à toutes les structures humaines qui disposent de moyens matériels et financiers. les structures de contrôles ne jouent pas leur rôle, malgré les décisions précises du Convent en la matière.


Une réforme nécessaire mais pas suffisante
D'années en années, certains responsables du GODF s'accusent mutuellement, par voie de presse, de tous les maux de l'obédience. Paradoxalement, les loges se portent bien, les effectifs et la qualité des travaux sont en hausse.
Alors que trop de bagarres internes débordent sur la place publique, les loges ont tendance à se passer de la structure de lobédience, jusqu'à la considérer administrativement et financièrement comme un boulet. Il n'apparait plus utile, aujourd'hui, de maintenir une centralisation qui n'apporte plus grand chose aux loges ni même au rayonnement de la franc-maçonnerie. En vérité, c'est l'effet inverse qui se produit : alors que les loges et les congrès travaillent dur et peuvent se féliciter d'une bonne image locale, les maronniers de la presse nationale, alimentés par les querelles de responsables nationaux, réduisent les efforts locaux.
Il appartient donc aux loges de reprendre l'initiative tant au sein de leurs congrès régionaux que de la société civile locale : il ne servirait à rien de vouloir opposer les responsabilités des uns à celle des autres alors que les loges, par leur démission des responsabilités collectives, sont responsables pleinement des dysfonctionnements constatés en ayant laisser libre court à l'expression sans limite des ambitions personnelles.




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